À propos

Né à Casablanca en 1974, l’artiste
peintre Mohamed Essoulimani évolue dans son espace “Atelier Art Soul”.
Il expose ses œuvres depuis 2011.

2011: Exposition collective à Sofitel Marrakech

2011:  Festival international des arts plastiques Bassmat Settat
2018: Exposition collective à Golf Dar Essalam à Rabat
2021:Exposition individuelle ” Femme enchantée ” Galerie Living 4 art
à Casablanca

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Mohamed Essoulimani mène une aventure personnelle d’artiste- peintre. Il travaille par variations et répétitions d’un thème ou motif et ne cesse d’expérimenter les effets de la simplification d’un seul sujet. Son travail se concentre sur la réalisation de natures mortes et de portraits. Des portraits de femmes souvent empreints de gravité. Cela fait quelques années qu’il exprime dans ses toiles son potentiel et ses ressources intérieurs. Son intérêt pour la femme se manifeste dans la multiplication des toiles qui la représentent. Un univers pictural qui interpelle le spectateur sur les thèmes de la femme et de la musique. Une série de portrait est consacrée à la femme. Une femme qui échappe aux stéréotypes et diktats auxquelles sont confrontés les femmes modernes, au regard de la publicité, mode ou cinéma. Le spectateur découvre une femme anticonformiste à travers le regard du peintre. La répétition de signes iconiques crée un rythme dans les tableaux. Le parcours du regard est guidé par des balises visuelles. Cette répétition souligne, de surcroit, la parfaite entente entre la femme et les instruments de musique.  Les portraits représentent des femmes, le plus souvent, dans un intérieur. Le dessin est précis, les silhouettes ont un contour net. Il met en scène des personnages isolés dans des décors minimalistes. Les toiles sont dominées par une épuration des formes, une utilisation des contrastes de couleurs pures.Aussi, Il privilégie la représentation du sujet. La posture est en buste ou en pied. Le résultat de ces choix techniques est des effets inattendus qui déclenchent l’émotion et la réflexion. Une lumière de face surexpose les personnages et les objets prennent du volume.

Les tableaux d’Essoulimani sont des figures s’engendrant l’une l’autre et exprimant une admirable gravité. La mélancolie des personnages est exacerbée par une simplification de formes et de couleurs, souvent pures et plates, cernées de noir. Aussi, les figures se réduisent à des formes géométriques. Il s’affranchit des codes, des formes grâce à une palette de couleurs audacieuse. Le choix des couleurs est guidé par une harmonie qui l’emporte sur la représentation du réel : yeux ceints de touches noires, bleues, rouges, vertes. La force expressive de la couleur dans les toiles attise l’effet dramatique. On a souvent considéré la peinture comme l’art de l’espace et la musique comme un art du temps. Cependant si cette dichotomie fut longtemps acceptée, il est évident aujourd’hui qu’espace et temps, loin d’être opposés, sont nécessairement imbriqués. La musique est un perpétuel dialogue entre l’espace et le temps.

L’abstraction picturale, qui rompt avec le motif et marque la dissolution de l’objet, amplifie encore d’avantage la perméabilité entre les deux disciplines. L’artiste- peintre tisse des liens subtils entre la musique et la peinture. Quel est le but visé par la présence de ces motifs musicaux ?

Essoulimani cherche à exprimer, dans ses toiles, les intimes relations qu’il perçoit entre les femmes qu’il peint et leurs instruments de musique. Le son et la couleur s’entrelacent dans ses peintures. Les instruments de musique constituent un motif central dans les toiles de Mohamed Essoulimani : piano, oud (instrument à cordes pincées, à manche court sans frettes et à caisse en forme de poire, très répandu dans les pays arabes).

La représentation dans l’une des toiles d’une femme presque allongée et tenant un oud, nous révèle une touche orientaliste dans cet univers minimaliste du peintre. Dans deux autres toiles, deux femmes d’un air pensif, étreignent leurs ouds. Les formes arrondies de cet instrument donne un peu de douceur à ces espaces dépouillés de tout décor.

L’instrument de l’oud revient dans un tryptique. Aussi, l’artiste- peintre inclut d’autres instruments de musique comme le piano et le violent. L’apparence physique, l’habillement, le maintien, les mouvements, les attitudes, les gestes, et les expressions du visage des personnages connotent tous une impression de tristesse et mélancolie.

 

 FATIHA KAMLI

 
DOCTEUR EN LANGUE ET LITTÉRATURE FRANÇAISES ET CHERCHEURE EN SÉMIOTIQUE DE L’IMAGE.